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Boardwalk Empire (HBO)

Boardwalk Empire

L’époque où les affiches promotionnelles présentaient les personnages d’une série télé alignés les uns à côté des autres, le regard fixant l’objectif, semble bien révolu. Boardwalk Empire fait tout pour convaincre le téléspectateur que, dorénavant, la création télévisée est à considérer à l’égale du cinéma. Et HBO, producteur du spectacle, a vu les choses en grand pour cet événement à la frontière du septième art et du petit écran : Martin Scorsese à la réalisation du premier épisode, Terence Winter (Les Soprano) à l’écriture, Steve Buscemi et Michael Pitt dans les rôles principaux.

Le noir, couleur du luxe et de la démesure, s’imposait donc pour inonder l’affiche. La série commence le premier jour de la prohibition à Atlantic City qui marque également les développements d’une criminalité mafieuse sans précédent. Le contexte est explicité dans la partie supérieure : « Atlantic City, 1920 / When Alcohol was outlawed, outlaws became Kings ». La répétition de /outlaw/ (en)cadre en renvoyant à une figure mythique américaine créée par le cinéma et la bande dessinée : celle du hors-la-loi des westerns et des films de gangsters. D’où cette silhouette sombre, au centre de la partie inférieure de l’affiche, juste en dessous du titre. Chapeau, costume cravate, manteau beige et pochette rouge : son visage est plongé dans l’ombre, quand derrière lui scintille dans la nuit le bord de mer d’Atlantic City, ses hôtels, ses cabarets, ses casinos. Le rapport entre le texte et l’image nous fait comprendre qu’il s’agit d’un mafieux. Mais ce pourrait être un bourgeois, un shérif, un super-héros pourquoi pas.

L’homme est dans une position dominante. Il est visuellement le roi de l’empire annoncé par le titre. Le « boardwalk » est sur l’affiche presque abstrait : jeu de lumières et de courbes, il semble s’embraser – sous les coups de feu, les trahisons, les trafics en tout genre ? On pense aux villes du far west souvent filmées dans cet alignement de baraques ; à une bouche aussi, maléfique, qui cracherait du feu.

L’homme est debout, il toise l’assistance. Ses pieds sont bien à plat sur des planches en bois. L’empire qu’il domine est-il à ce point fragile, factice ? Son monde n’est qu’une scène de théâtre, après tout. C’est aussi ce que laisse penser le titre de la série, au centre de l’affiche, inscrit dans une typographie « grand spectacle » qui n’est pas sans rappeler les comédies musicales, et l’univers rock cher à Scorsese.  De bien intéressantes références à des genres cinématographiques et télévisuels divers, mais qui mis ainsi en commun finissent par brouiller le message. Un peu à l’image du premier épisode de la série, techniquement magistral, mais qui laisse un goût de trop plein un peu indigeste. Une série, heureusement, ne se juge que sur la longueur.

Série américaine diffusée sur la chaîne HBO depuis le 19 septembre 2010.

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