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Bored to Death, de Jonathan Ames (HBO)

bored to death saison 1

La saison 2 de Bored to Death vient tout juste de commencer sur HBO, et voilà, le fou rire nous reprend en suivant les mésaventures de Jonathan Ames – homonyme de l’écrivain new yorkais également créateur de la série – dans les rues de Brooklyn. L’affiche, elle, n’a pas changé.

Structurée par deux axes verticaux parallèles, elle est à lire selon deux plans enchevêtrés. Au premier coup d’œil, la série a tout du film noir américain : un décor urbain, plongé dans l’obscurité d’une nuit pluvieuse ; une chaussée mouillée qui reflète les lumières colorées d’une devanture de grill ; le mot DEATH en lettres rouges bordées de blanc au centre de la page, penché, qui doit faire peur et attirer le regard ; un homme en costume et cravate, debout, le regard levé. Son regard suit exactement la direction créée par le mot DEATH pour nous contraindre à regarder l’objet : des chaussures accrochées en haut d’un poteau. Et la seconde lecture commence : les chaussures introduisent l’élément absurde dans cet univers extrêmement codifié du polar américain.

Qui dit chaussures ainsi suspendues dit propriétaire des dites chaussures : un mort, hors-champ et en hauteur ? Vraisemblablement non : l’homme debout est simplement en chaussettes blanches sur le trottoir mouillé. Et il écrit sur un carnet. Et l’accroche de l’affiche saute soudain aux yeux : « How he solves anything is a mystery ». Détective privé ? Écrivain ? Journaliste ? Écrivain en manque d’inspiration qui décide de devenir détective privé sans licence pour gagner de l’argent et surtout alimenter ses romans. Écrivain qui s’ennuie à mourir et qui décide, à la suite d’une rupture sentimentale, de vivre une autre vie, fantasmée et plus pop. Détective qui enquête sur la disparition et la réapparition de ses chaussures dans un lieu improbable…

L’affiche est une parodie, qui se joue des codes du film noir, du roman noir, de cette littérature de gare des années cinquante aux couvertures accrocheuses. Jason Schwartzman, sur l’affiche, est à la fois Sam Spade et Philip Marlowe, il est le mythe anachronique du détective privé tel que l’a conçu toute une culture mainstream du XXe siècle. Et il en joue, pour se sentir vivant. Et nous promettre, à nous, spectateurs, encore quelques belles crises de rire.

NB : Le générique est un grand moment graphique, sur une musique du groupe de Jason Schwartzman, Coconut Records, aux sonorités très « panthère rose ».

Série conçue par Jonathan Ames pour HBO, avec Jason Schwartzman, Ted Danson et Zack Califianakis.

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