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Somewhere, de Sofia Coppola

Somewhere

Somewhere, le dernier film de Sofia Coppola, forme un diptyque avec Lost in Translation. Si ce dernier réunissait, dans un hôtel de Tokyo, un acteur vieillissant, venu tourner une pub pour de l’alcool, et une jeune femme de passage, Somewhere réunit, dans un hôtel de Los Angeles, un acteur au faîte de sa gloire et sa fille de onze ans qu’il ne connaît pas bien. Parallélisme des histoires, des personnages et du sujet : dans tous ses films, Sofia Coppola ne parle que d’une seule chose, qu’elle semble bien connaître, l’oisiveté des gens riches. Ou comment affronter son propre ennui et ce sentiment de vide existentiel et d’inutilité qui, vers la fin du film, fait dire à Johnny Marco, personnage principal : « je ne suis rien ». On peut difficilement le contredire, lui qui passe ses journées à répondre, entre deux séances photo, à des questions idiotes dans des conférences de presse, et ses nuits à boire, à faire la fête et à baiser avec des femmes dont il ne retient pas les prénoms

Certains jugeront le film indécent, d’autres se demanderont ce que la réalisatrice a encore à dire. Son film est en effet nombriliste, il ne s’intéresse qu’à ses deux personnages, elle ne s’en cache pas.  Une escapade en Italie, à l’occasion d’une remise de prix vulgaire à la télévision, suggérera pourtant que le problème du monde, c’est bien peut-être la consommation d’images formatées en provenance des États-Unis. Le père et la fille mangent des glaces la nuit dans le lit de leur suite devant une retransmission d’un épisode de Friends doublé en italien. Les images sont des produits qu’on exporte et qui finissent par uniformiser les références. Et la culture américaine selon Sofia Coppola n’est pas très appétissante.

Affiches

Les affiches des quatre films de Sofia Coppola frappent par leur cohérence. Celles de Somewhere et de Lost in Translation se répondent : deux transats pour la première, un lit pour la deuxième, deux personnes allongées sous le soleil pour la première, un homme assis face à l’objectif pour la deuxième, le jour et la nuit.

Les affiches de Virgin Suicides et de Marie-Antoinette se répondent également : gros plan sur un visage de femme qui regarde l’objectif, allongée pour la première, debout pour la deuxième.

Dans tous les cas : un enfermement dans l’image (le gros plan/le mur de plantes/la vitre de la chambre d’hôtel) et dans un espace. Car les lieux sont essentiels pour Sofia Coppola :  Tokyo vs Los Angles, une petite ville américaine vs Versailles. Des lieux dans lesquels on circule, à pied ou en voiture, mais qui sont fermés sur eux-mêmes, qui construisent une bulle dont les personnages ont du mal à s’extraire. Les personnages sont « somewhere », quelque part, et bien souvent perdus. Marie-Antoine en perdra la tête ;  Johnny Marco parviendra, lui, à en sortir en abandonnant sa Ferrari sur le bord d’une route. On est riche et célèbre, ou on ne l’est pas…

Somewhere, de Sofia Coppola (2010), avec Stephen Dorff et Elle Fanning, distribué par Pathé Distribution. Lion d’Or de la Mostra de Venise 2010.

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