Aller au contenu principal

John from Cincinnati, de Kem Nunn et David Milch (HBO)

John From Cincinnati

Kem Nunn, c’est cet auteur de romans noirs (Surf City, la Reine de Pomona, Les Sabots du Diable) qui autopsient l’Amérique blanche et pauvre de la Californie du Sud, entre désert à l’Est, frontière mexicaine au Sud et barrière du Pacifique à l’Ouest. Quand il crée, avec David Milch, la série John from Cincinnati pour HBO, il la situe tout naturellement à Imperial Beach, dernière ville, entièrement vouée au Surf, avant Tijuana.

Quatre éléments – le sable, l’eau, l’air, le feu – et un homme, en lévitation, dont on ne voit que la partie inférieure, de la taille aux pieds. En combinaison de plongeur, une planche de surf sous le bras, on s’attendrait plutôt à le voir sur l’eau. Mais non. Il flotte au-dessus du sable, entre le ciel et la terre. L’accroche : « something is in the air » est ainsi à prendre au sens littéral, nous renvoyant à un univers fantastique façon David Lynch, là où la frontière entre le réel et le merveilleux est ténue.

La notion de frontière est en effet omniprésente dès le générique de la série : frontière géographique, celle du Mexique ; frontière sociale, entre les riches et les pauvres ; frontière temporelle, entre le passé glorieux et le présent misérable ; frontière spirituelle enfin, entre ce qu’on voit et ce qu’on croit. John from Cincinnati, ce jeune demeuré borderline, arrivé un jour d’on ne sait où, sans doute de la mer, se révèle (au sens presque photographique du terme) être le manipulateur, l’annonciateur, la parole. De qui ? On ne saura pas. Mais il y a ces initiales, J.C., qui sont tout de même assez intrigantes. Et ce Père, dont il n’arrête pas de parler.

Kem Nunn et David Milch ont créé un objet télévisuel improbable qui n’a pas rencontré son public, que la critique n’a pas vraiment apprécié, mais que certains fans considèrent comme une série culte honteusement stoppée dès le 10e épisode de la saison 1. Les nombreuses questions resteront sans réponse, et ce n’est peut-être pas plus mal. A y bien regarder, les deux jambes de l’affiche s’entrouvrent comme une porte qui donnerait sur l’infini. Le soleil, lui, pourrait finir par nous brûler les rétines.

Série diffusée en 2007, avec Rebecca de Mornay, Greyson Fletcher, Willie Garson, Bruce Greenwood, Ed O’Neill, Luke Perry, Brian Van Holt, Austin Nichols…

Aucun commentaire pour le moment

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :